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YVONNE,
PRINCESSE DEBOURGOGNE
GOMBROWICZ (Witold) Maloszyce 1904 - VENCE,
France 1969.
Ecrivain polonais. Après des études de philosophie,
puis de droit, il fit ses débuts littéraires en
1933 et se plaça dès 1937 parmi les écrivains
contemporains les plus significatifs, et fut sans doute le plus
audacieux de la littérature polonaise, avec son premier
roman : FERDYDURKE. Dans cette analyse sarcastique et douloureuse
de la condition humaine, l'auteur décrit, avec un humour
impitoyable, l'homme créé de l'extérieur,
inauthentique, déformé et enfermé dans
un cadre schématique. (" Etre un homme, cela veut
dire ne jamais être Soi-même ") Ses romans
: Trans-Atlantyk , Kosmos, son Journal, etc…) et son
théâtre : YVONNE , PRINCESSE DE BOURGOGNE) cherchent
à saisir la réalité intimes des êtres
à travers les stéréotypes sociaux et culturels.
L'histoire
se passe en " Bourgogne " C'est- à- dire nulle
part …
Une
cour royale digne d'un jeu de cartes. Un roi jovial, une reine
bien-pensante, un chambellan retors, un prince à marier
et un univers gouverné par la bienséance …
tous les ingrédients sont en place pour un conte de fées
ou une farce …
Mais
dans ce monde d'apparences où tout le monde s'ennuie,
l'arrivée d'Yvonne , jeune fille inadaptée, transparente
et mutique va semer le trouble.
Rire
nerveux, angoisse, paranoïa, méchanceté ;
voilà les conséquences de l'inadéquation
de la jeune fille, de l'insoutenable mystère Yvonne.
En réaction à ce mystère, le prince agacé
et fasciné sort de ses gonds… il décide
de l'épouser.
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THEATRE
DE MARIONNETTE " L'OGRESSE "
4, rue des prairies
75020 PARIS
Tél. : 01 46 36 95 15
D'après
la pièce Witold Gombrowicz
Manipulation,
voix :
Michel COURRET, Jean-François
FAVREAU,
,Marie-Geneviève L'HER
Castelet :
Michel COURRET et J.F. FAVREAU
Marionnettes :
Marie-Geneviève L'HER
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La
machine est lancée : la fiancée est amenée
à la cour. Son existence même, comme engourdie,
va plonger ceux qui l'approchent dans une introspection brutale.
De sombres secrets affleurent, à tel point que leur révélateur,
Yvonne, devient l'objet de toutes les haines. Sans s'extraire
jamais d'une esthétique ubuesque et caricaturale qui
en accentue la cruauté, le réflexe de survie des
personnages, désormais hantés, dérive vers
la tragédie.
Les ressorts, les péripéties de la pièce
qui engendrent les situations les plus invraisemblables sont
ceux du désespoir. Es personnages de GOMBROWICZ se débattent
dans un univers sur-codé, désormais asphyxiant,
choisissant souvent une solution absurde " plutôt
que rien ". Le chambellan, qui a compris les règles
du jeu et qui évolue dans le code comme un poisson dans
l'eau, proposera l'élimination pure et simple d'Yvonne
en jouant de l'absurde pour se disculper :
"
Le CHAMBELLAN - Leurs majestés donnent donc ce soir un
dîner solennel, habillé. Eh bien, l'on servirait
un poisson, un poisson plein d'arêtes, un poisson bourré
d'arêtes, des perches par exemple, c'est justement la
saison des perches, l'on pourrait servir des perches à
la crème.
Le ROI - des perches ?
Le CHAMBELLAN - Majesté, je ne sais si sa majesté
l'a remarqué, mais plus il y a de monde , plus elle est
perdue. Hier encore, je l'ai regardée un peu comme cela
- par en haut par en haut - eh bien, elle a failli s'étrangler
avec …
Le ROI - Mais c'est un peu, un peu débile, des perches…
Il
se dégage beaucoup de poésie de ce spectacle.
Ce texte nous démontre une fois de plus que la non communication
et l'incompréhension génèrent la haine,
la cruauté et la tragédie.
De plus, c'est une très bonne idée de créer
des ponts entre théâtre de marionnette et théâtre
de comédiens classique. Cela est très rarement
pratiqué. Ce type de mise en scène requiert une
attention toute particulière de la part du spectateur,
ce qui confère une dimension supplémentaire et
surprenante à l'oeuvre. C'est un atout précieux
pour ces talentueux comédiens!
Grace BERTRAND

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